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08 Mar 2019

La glace fond sur la branche de peuplier

La glace fond sur la branche de peuplier
Les gouttes s'épandent sur le sol étrillé
Leur ruissellement fonde cette rigole
Un lent bruissement de nature frivole

Assis sur l'écorce, les pattes alternant
Un pas de deux, de swing, un oiseau s'éveillant

Le filet de l'hiver fusionnant au printemps
En une rivière emportant hors du temps
Les limons putrides annonçant la clameur
D'une vie apatride attendant la chaleur

Ses ailes s'ébruitent, repoussant l'autre nuit
L'oiseau ouvre son cou, le froid enfin s'enfuit

Le cours d'eau éclabousse à l'envie tout autour
Les promesses de vie, fleurs et arbustes sourds
L'écume marine vient à son flux contact
S'oubliant, fusionnant, il resigne son pacte

Le chant s'envole au loin, aux couleurs des envies
Mon oiseau éveillé rend grâce à cette vie


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07 Nov 2018

Aglaia

Les ailes se déploient sur ma main
Écrivant ces lignes entre 2 obturations visuelles
Elles entourent ma poitrine d'1 caresse sensuelle
Opprimant parfois ce souffle si humain

Ses ailes fragiles sont si silencieuses
Que j'entends mon cœur se débattre
Elles sont si vraies, si loin de ce théâtre
Mes lèvres voudraient frôler cette égérie gracieuse

Mais ces ailes suivent leur suave vent
Et moi, pauvre poisson échoué sur la rive
Je les observe, pour que l'inspiration survive
Un temps, s'éloigner dans l'hiver, toujours droit devant

L'un des profondeurs, l'autre si céleste
2 univers si différents, indépendants
Poursuivant leur vie dans 1 courant ascendant
Pour seule symphonie, ce silence funeste

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05 Nov 2018

Protohistoire (avant l'histoire)

Les journées s'épuisent, les nuits s'affolent
Et le rideau sous le vent s'envole

Les hivers se dispersent, les étés se déversent
Et le rideau se referme sous l'averse

Le Soleil voudrait se souvenir, la Lune s'éluder
Et le rideau se fait persienne adulée

Les vagues se réveillent, la plage se morfond
Et le rideau se réchauffe en toile de fond

Les courbes se rigidifient, les angles s'arrondissent
Et le rideau se drape des vertus et des vices

Les notes se confondent, les silences se répondent
Et le rideau dans l'ombre se dévergonde

Le noir se fait absolu, le blanc se fait discret
Et le rideau se cache derrière ses secrets

Le jeune se questionne, le vieux se libère
Et le rideau à la fenêtre s'ébat célibataire

Le mur se lézarde, le chat se redresse
Et le rideau se pare de tendresse

Les mains se désunissent, les regards s'imaginent
Et le rideau se masque sa vie androgyne

Les peintures se diluent, les scènes se sont dérobées
Et le rideau aux trois coups de s'embuer

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04 Nov 2018

Effleurement d'un songe

Pour un instant, pour un instant seulement, être heureux
Pour un instant, pour un instant seulement, amoureux
S'envoler sur les flots argentés de l'idéal féminin
Sombrer dans l'azur flamboyant de l'astre terrien

Pour un instant, pour un instant seulement, dans ses rêves
Pour un instant, pour un instant seulement, tout près d’Ève
S'enfuir dans cette réalité imaginée vers la Lune
Suivre ses pas sur un chemin que recouvre ma plume

Pour un instant, pour un instant seulement, cœur battant
Pour un instant, pour un instant seulement, loin du temps

S'échapper dans les contrées inaccessibles de l'âme
Se retrouver vivant près de cette impossible flamme

Et ouvrant les yeux ne voir pour sommet qu'un plafond
Une lueur à peine plus brillante, loin d'une coruscation
Et fermant mes mains ne sentir pour compagne que l'air
Une brise légère comme un baiser, à peine quelques vers

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03 Nov 2018

La prison du silence

Parfois les mots s'envolent, emportant un air doux et d'embruns
Et chemin faisant, se délestent de leurs multiples parfums
Pour se parer d'une allure qui leur pèse et sans lendemain

Parfois les pensées virevoltent, imaginent un ciel bleu
Et au bout de la danse, se font le porteur d'un piètre jeu
Dont les cartes sont autant de miroirs déformants et hideux

Parfois le regard plonge dans les yeux de cette autre, inconnue
Et la brume aidant, se noie dans un noir chagrin sans retenue
Pour se refermer tendrement par peur de blesser l'imprévue

Parfois les mains se tendent vers une âme comme son reflet
Et le froid les saisissant, se crispent sur ce plexus défait
Dont les angoisses sont autant de phrasés nus et incomplets

Parfois l'échange se veut libre, courtois et honnête
Et pourtant perçu comme l'ombre et la voix de la bête

Alors pour ne plus affecter cette âme double
Les mots se taisent, espérant limiter son trouble

En l'absence de mots, nulle pensée, son regard entre ses mains
Le silence comme une prison se poursuit, hier jusqu'à demain

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30 Oct 2018

Brasier de la vie

La branche accueille les bourgeons de l'avenir
Les fleurs pourront y naître
Qu'il fasse chaud ou froid, la branche est désir
Et l'amour est son maître

L'air est libre et se plait à virevolter
Les fleurs inspirent son être
Qu'il fasse froid ou chaud, le vent est léger
Sa voix voudrait promettre

Séparés, les fleurs les réunissent dans la danse
La vie se fait illimitée
Côte à côte, symbole de leur interdépendance
Les échanges illuminés

Le Soleil les réchauffe dans un incendie
Le feu s'empare de l'amitié
Le bois brûle avec l'oxygène un peu dandy
Le brasier de deux moitiés

La Lune les éclaire de ses caresses enneigées
La cendre devient charnelle
L'air a fusionné avec la branche, allégés
L'avenir de flammes jumelles

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22 Oct 2018

Confession d'un fou

Lumière tamisée sous les arbres centenaires
Lune aux mille reflets
Le vent chaud caressé par les feuilles éphémères
Ébauche d'imparfait

Étranges illusions d'un espace délicat
La rose est pourpre et vive
L'humidité pulsion d'un regard qui se débat
En fiction affective

Silences déclamés des rivages bleutés
Quelle vie sous la mer
Les profondeurs damnées d'un visage éreinté
Ces simples mots : ma chère

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20 Oct 2018

Suivre son fil

Et si mon ami l'oiseau n'était qu'un
Et si ses plumes étaient l'envol sans hydromel
Et si l'aigle était une colombe la nuit venue

Je tiens dans ma main l'encre de mes yeux
Le regard léger, dirigé vers les cieux

Et si ma dissonance n'était pas mon destin
Et si sa voix était celle de ma jumelle
Et si la mélodie était pour une fois imprévue

Je porte dans mon coeur l'axe de ses yeux
Mes pas de glisser sur ce chemin précieux

Les questions s'épuisent et le doute s'envole
Les peurs se calment et ma nuit s'affole
Le temps se fige et mon fil est celui de Thésée
Nul combat, mais l'espoir de ce doux baiser

Mon visage se réchauffe et perd sa couleur blême
Un mot si fragile s'éveille en moi : Je t'aime

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16 Oct 2018

Saisons d'un épuisé

Le visage fermé, le cadenas des émotions enclenché
Son esprit s'évade sur les nuages sombres de l'été

La vague vient frapper les remparts érigés
Protégeant la vieille cité aux murs effrités
Son fracas désolidarise le ciment étayé
Des pierres ancestrales par l'humidité rongé

Le regard évanouit, les persiennes abandonnées
Son âme s'envole sur la terre aux feuilles orangées

Le vent s'empare des sourdes bâtisses délavées
Abritant les restes d'un animal égaré
Son chuintement assourdissant se plaît à isoler
Entre ces murs le souffle perdu et apeuré

Les mains refermées, branches mises à nues, esseulées
Son corps s'élève sur la neige aux reflets bleutés

Le froid déshabille les grands arbres dressés
Recouvrant de leur ombre les fleurs abandonnées
Sa bise, bien loin de réconforter, se fait gelée
Repeignant le paysage d'un châle imaginé

La poitrine épuisée, dernier soupir d'un condamné
Son cœur se soulève le long de la sève idéalisée

Le feu embrasse les monts et vallées inondées
Étreignant de ses ardeurs les rosiers à peine nés
Ses caresses inhalées étouffent la vitalité
Transformant en empreintes noircies l'espoir fatigué

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